Septembre 2014
Grue en origami
Novembre 2015
Brins de lavande, pivoine, feuille de ginkgo…
Août 2017
Hirondelles, cerf-volant, plante-girafe, visage stylisé aux pommettes rougies et au crâne fleuri…
Pour toujours
Des traits, des pleins, du vide, des chevrons, des arrondis…
Du noir, du rose, du vert, du violet…
Mon corps décoré
À jamais

« […] Mes tatouages sont permanents ; c’est juste mon corps qui est temporaire. Comme le vôtre. Puisque nous ne sommes sur Terre que pour une courte durée, j’ai décidé il y a longtemps que je m’amuserais à me décorer le plus possible, pendant que j’en ai encore le temps. »
(Comme par magie, Elizabeth Gilbert, Le Livre de Poche, p. 99) (un livre merveilleux)

« Décorer » (définitions tirées d’Antidote) :

  • Pourvoir (un lieu) d’accessoires dans le but de l’embellir, l’agrémenter.
  • Honorer (quelqu’un) en lui conférant une décoration.

Par le tatouage, je m’honore et je m’embellis.
C’est joli.
Non ? Oui !
Moi, ça me ravit.

En septembre 2014, j’ai fait un pari.
Le pari de l’encre.
Le pari de l’indélébile.

En septembre 2014, je me suis emparé de mon corps.
J’ai pris « possession de mes lieux ».
J’ai laissé parler ma petite voix assurée et colorée qui m’ordonnait de l’écouter.
De m’écouter.

Alors.
Dès septembre 2014, j’ai fait décorer mon bras droit.
De symboles de mon identité.
De fleurs que j’adore observer et respirer.
De petits détails qui disent tout. À moi.
Ou rien. À toi.
Et c’est tant pis.
Et c’est tant mieux.

Depuis septembre 2014, je fais décorer mon bras droit.
Pour la beauté.
Surtout pour la beauté.
Toujours pour la beauté.
Elle que je cherche partout.

La beauté que j’explore. Éventuellement différente de la vôtre.
Vous, pour qui le tatouage n’exprime peut-être pas la beauté.
Et c’est tant mieux.
C’est ce qui est beau dans la beauté !
Elle est aussi universelle qu’elle est personnelle.
Elle est.

Et quand elle est. Elle suffit.

À ces instants, pour moi, toujours, elle est.
Chaque nouveau tatouage s’accompagne d’un double phénomène délicieux :
D’abord, le tatoueur que je regarde travailler.
Son dermographe à la main. Absorbé par son art.
Qui dépose de l’encre sous mon épiderme.
Sur place.
Puis, le résultat. L’aboutissement sur ma peau.
Le dessin d’un artiste.
Une œuvre d’art.
À emporter.

Et je l’apprivoise.
Et je l’aime.
Et je l’observe.
Et je la découvre.
Et je la fais tourner.
Et elle s’empare de moi.
Et je m’empare d’elle.
Et je me pare d’elle.
Et je la trouve belle.
Et elle me réjouit.

Ma nouvelle œuvre à emporter.
Elle est.

Beauté.

Dessin préparatoire – Tatoueur : Noon – Août 2017, Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Et les fleurs de Caroline Karenine, que l’on devine – Novembre 2015