Il y a des jours propices
Et puis il y en a d’autres, non.

Il y a ces recommandations qu’on voit fleurir
Sur nos murs virtuels
“Regardez ça, c’est inratable.”
“Visionnez ce show ; c’est incroyable.”

Il y a des jours propices
Et puis il y en a d’autres, non.

 

Aujourd’hui était un jour propice à Hannah Gadsby

Non pas parce que son nom a (presque ?) le goût du magnifique.
Non plus parce qu’on est le 11 novembre
Et qu’il fait gris
Et que j’ai les quatre murs de la maison et l’espace en dedans pour moi toute seule.

En vrai, j’ignore pourquoi cette journée était celle de Hannah Gadsby.

Hannah Gadsby est une humoriste, actrice et écrivaine australienne, née en Tasmanie en 1978.
Et elle a percuté ma tête et mon cœur en ce dimanche gris de centenaire.

“Nanette” est son dernier spectacle, disponible sur Netflix en V.O. sous-titrée.

Aujourd’hui, Hannah Gadsby a rejoint mon temple des faiseurs de beau.

D’abord parce que sa plume est virtuose.

Entre ses doigts et dans sa bouche, sa langue anglaise s’amuse, se métaphorise, se multiplie et se meut,
Telle une créature tantôt velouteuse, tantôt barbelée.

Ensuite, car elle brille d’audace et de courage.

Son spectacle n’est pas un spectacle d’humour.
Ou pas que.
Surtout pas que.
Hannah Gadsby a créé une expérience inédite
Où l’on rit, où l’on crie, où l’on pleure.
Et chaque fois, beaucoup.

Et puis parce que Hannah Gadsby y parle d’art.

Des tournesols de Van Gogh à la 3D de Picasso, elle nous offre son œil éclairé, féministe et piquant.

Vincent Van Gogh

Vincent Van Gogh, “Champ de blé avec gerbes” (juin 1888), The Israel Museum à Jerusalem (Admiré à la Fondation Van Gogh, Arles, août 2018)

 

Hannah Gadsby parle de violence, avec les yeux qui sourient

D’homophobie, de sexisme, de souffrance, d’histoires drôles et d’histoires vraies, de sa grand-mère, de la Tasmanie, du post-modernisme…
Ou encore des couleurs d’un drapeau.
Et c’est bouleversant.

On dirait que c’est drôle et (presque) léger
Au début
Et puis ça ne l’est plus.

(Si vous deviez lire un seul contenu sur “Nanette” –et à condition que vous n’ayez pas l’intention de visionner le spectacle– c’est par ici.)

 

Et puis, il y a la National Gallery of Victoria

Où Hannah Gadsby propose(-ait ?) des visites guidées comiques.
Soit la fusion de sa formation en histoire de l’art et de son talent d’humoriste.
Quelle belle union, sans aucun doute.

 

Rien que pour ça, je ferais bien un aller-retour en Australie.

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