Je déteste qu’il pleuve. Mais j’adore la pluie.

Cette double phrase est absurde, non ?

Et pourtant, elle vient de m’apparaître comme une évidence.

À la minute où j’écris ces mots, il pleut des cordes.
Les gouttes tombent fort
Fouettent le gazon devenu vert fluo
Éclaboussent les transats qui jouent les prolongations sur la terrasse
Et perlent sur les baies vitrées.

La lumière, elle, a enfilé une cape dorée.
Cette atmosphère si particulière d’une fin d’après-midi pluvieuse
Vous la connaissez ?

Je déteste qu’il pleuve. Mais j’adore la pluie.

J’ai horreur que la pluie envahisse les verres de mes lunettes et cultive un champ de frisottis sur ma tête.

Mais j’aime regarder les gouttes.
J’aime les sentir, l’été, quand l’air est brûlant et que soudain, l’averse rafraîchit.

Et j’aime les sentir, tout court, avec mon nez.
L’odeur de la pluie en pleine forêt ; la mousse gorgée d’eau, la terre ramollie, presque boueuse.
Mes narines frétillent, rien qu’à l’idée.

Ah aussi !
Je vois des flaques
Attirantes
Irrésistibles
Interdites

Les flaques de l’enfance
Les pieds mouillés
(Parce que bien sûr, on a sauté.)

Et là, maintenant, ce que j’aime par-dessus tout
C’est l’écouter
La pluie

Prêter attention au vacarme des gouttes sur les fenêtres
Leur rythme désordonné
De petits tambours
En dolby surround

Musique parfaite.

J’adore la pluie !

Mais déjà, la voilà partie.
Et la nuit, elle, est en train de tomber
Sans un bruit.

 

Gouttes

7 commentaires

  1. Coucou Marie,
    Au Maroc, la pluie est souvent durement critiquée et à la fois attendue : si elle tarde trop, c’est la sécheresse qui s’annonce avec un dur impact sur l’économie du pays.
    La pluie est donc indispensable à la vie. On râle autant que l’on en a besoin.
    Et quand la pluie s’invite au Maroc, elle ne fait pas semblant : elle déborde, ruisselle, envahit les routes, gicle sur les passants, entre dans les maisons. Mais ouf, elle est là 🙂

  2. Tu me parais bien ronchon, vieille mouette!
    N’aimerais-tu pas les grues? N’aimerais-tu pas la pluie, comme Marie?
    Ou bien la nuit te rendrait-t-elle morose?
    Pourtant elle sait se montrer discrète, tous les soirs, puisqu’elle tombe sans bruit.
    Et il en est ainsi depuis… la nuit des temps.
    Merci, chère fille vagabonde, pour ce parallèle entre la pluie et la tombée de la nuit, qui t’a permis une chute plutôt inattendue.

  3. Et le vent oui, j’aime aussi le vent !
    Et le bruit des pas dans la neige… Oh ! Vivement !

  4. Oh, là, là ! La pluie, quelle belle invention !
    Moi aussi j’aime ça.
    Et le vent en plus !
    Le vent qui rugit, qui nous pousse et parfois nous saoule. J’aime être saoule de vent !
    Et la neige !
    Oh, la neige !

  5. Oh, ma fille ! Je ne peux vraiment pas te renier, tu es vraiment faite de ma chair et de mon esprit, tellement tu exprimes par des mots magnifiques tout ce que j’ai toujours ressenti et ressens encore par rapport à cette pluie si abhorrée mais tant appréciée.
    Bravo !
    😊

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