Je dois vous dire la vérité : j’ignore à quel moment, et a fortiori à quelle heure elles éclosent, ces fleurs si délicates.

On me souffle que leur moment, eh bien il est long : elles fleurissent de l’automne au printemps.
Ça tombe donc bien : vous allez “lire de saison” !

Quand j’étais enfant, ma sœur et moi passions une partie des vacances scolaires chez nos grands-parents maternels. Ils possédaient un appartement sur la Côte de Beauté, où on allait régulièrement.
Et j’ai un souvenir marquant de ces moments de l’enfance, passés les pieds dans l’eau : les coquillages !
J’adorais ramasser les coquillages.
Et avec Mamie, on en faisait des œuvres d’art…
Je crois qu’on ramassait surtout des “chapeaux chinois”.
Ai-je passé des heures, les yeux rivés sur le sable mouillé, du haut de mon mètre de petite fille ? Sans doute.
Ai-je attrapé des torticolis, à force de regarder le sol plutôt que l’horizon ? Sûrement.
La récolte terminée, on rentrait à l’appartement et on passait du temps dans la salle de bains, au-dessus du lavabo ou de la baignoire, en fonction du volume de notre butin.
C’était l’heure du nettoyage méticuleux. Moi qui adore le propre et la minutie, je crois pouvoir dire sans trop me tromper que cette étape devait aussi beaucoup me plaire !
Alors venait le séchage.
Puis le tri.
Que les artistes dans la salle ouvrent grand leurs mirettes : je vais causer grand art !
Nos chapeaux chinois ainsi briqués et classés, on passait à l’étape du vernis.
Mais avec Mamie, on n’utilisait pas n’importe quel vernis industriel.
On se servait de ses vernis à ongles.
De jolies laques rosées et irisées. Certaines un brin violacées.
Et à l’aide du petit pinceau accroché au bouchon, on vernissait consciencieusement nos petits chapeaux.
Ah… l’odeur du vernis ! Je la sens en vous en parlant, tiens !
Une fois le vernis posé, re-séchage.
Nos chapeaux avaient soudain pris une nouvelle dimension. De matière calcaire qui pique la plante des pieds, ils étaient devenus petits objets de décoration.
Mais Mamie avait de la suite dans les idées ; il nous fallait poursuivre la transformation et créer notre œuvre.
On choisissait alors un support neutre (un morceau de carton ou de contreplaqué, par exemple), et on venait y coller nos chapeaux vernis en formant une jolie arabesque, ou toute autre forme géométrique tirée de notre imagination, en respectant une certaine harmonie des formes, des tailles et des teintes.
L’une de ces créations a longtemps trôné sur un des murs de l’appartement de vacances.
Comme un témoin.
Comme un trésor.

Ensuite, j’ai grandi.
J’ai délaissé les coquillages abandonnés par la marée.
Je me suis essayée à Mario Kart sur ma Gameboy jaune.
Puis, j’ai parcouru avidement les sous-titres de “mes” séries en VOST.
J’ai délaissé les coquillages, mais…

Mais… un jour, j’ai posé les yeux sur les violettes.
Ces si frêles créatures qui portent le nom de leur couleur.
Et qui exhalent un parfum si singulier et délicieux.
Ces fleurs qu’on ne cueille pas, qu’on observe, accroupi(e) dans l’herbe.
Ces êtres qu’on a vite fait d’ignorer, alors qu’elles sont une invitation.
Et on ne refuse pas l’invitation d’une violette.

Les chapeaux chinois, comme les violettes, sont l’essence de La Fantaisie Vagabonde (avec les paillettes aussi ; vous l’aviez compris).
Ils en sont la racine et le sommet.
Tout à la fois.

Si vous me demandez : “Mais pourquoi tu fais ça ? Ce blog et ce qui gravite autour ?”
Voici ce que je vous répondrai :
Je le fais pour les violettes et les chapeaux chinois.
Je le fais pour la beauté.
De la délicate violette.
Du coquillage verni-nacré.

La Fantaisie Vagabonde habite le coconfortable de mon cerveau depuis de nombreux mois.
Elle aurait pu s’étioler ou s’évader, jugeant qu’être contrainte aux limites d’un si petit espace n’était pas digne d’elle.
Mais cette fantaisie-là a grandi, s’est enrichie, s’est aventurée dans plusieurs directions…
Et elle ne m’a jamais quittée.
Je dirais même qu’elle s’est installée, qu’elle a défait ses valises, accroché quelques cadres au mur, déplié un plaid sur le canapé au soleil, mis de la musique et commencé à se dandiner dans son giron.
Alors évidemment, j’étais aux premières loges quand elle a poussé le volume à fond.
J’étais aux premières loges quand ses déhanchements sont devenus des bonds et que je l’ai entendue claironner : “eh oh, là c’est bon, je suis prête ; laisse-moi sortir !”
Alors voilà.
Comme je suis une fille bien élevée, j’ai ouvert la porte du coconfortable. Qui, d’ailleurs, n’était pas verrouillée, juste entrefermée.
Alors voilà.
Bim ! La Fantaisie est sortie !
Et La Fantaisie Vagabonde, la voici.
Ici.
Sur mon écran.
Sur le vôtre.

Mais pas que.
La Fantaisie Vagabonde est partout !
C’est du moins ce que je vais m’employer à vous montrer.

Alors, si vous êtes prêts, on embarque pour une aventure dont je ne connais, moi-même, ni l’itinéraire ni la destination.
Eh ben dis ! Je ferais un piètre GPS (quoique, tout dépend de ce qu’on vise…)
(tiens tiens, nous y reviendrons)
(ça, en langage de séries TV, ça s’appelle un teaser 😉).

Si vous vous dites “même pas peur”, alors on va pouvoir s’amuser.
Si vous êtes plus réservé(e), laissez-moi le temps de vous convaincre.

Abonnez-vous à la gazette à paillettes (à droite, sur l’écran) :
Dans quelques jours, vous recevrez une première invitation.
Votre premier rendez-vous avec La Fantaisie, que nous ferons Vagabonder.

Et d’ici là, racontez-moi : c’était quoi, votre chapeau chinois ?

Un commentaire

  1. La “Fantaisie”, c’est la poésie, c’est l’amour du beau, c’est l’instant suspendu, c’est la Vie ! Continue longtemps, c’est chouette. Bonne inspiration et bravo pour cette idée vagabonde pleine de fantaisie 😊.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Publier des commentaires