C’est drôle comme il est facile d’interroger les autres,
avant même de se poser la question à soi-même.

C’est drôle comme, alors, il est difficile de trouver une réponse.

Cette question, là, juste au-dessus,
Elle habite sous mon crâne depuis longtemps.
Elle a même investi les lieux, déroulé un tapis surdimensionné, posé quelques livres sur les étagères.
J’avais l’intention de la faire voyager jusqu’à vous
Pour vous la poser,
Cette question-habitante.

J’ai commencé par la griffonner dans mon cahier,
Puis je l’ai détricotée, reformulée, construite autrement.
Je l’ai écrite en gras, aussi
Histoire qu’on sache bien qu’elle est là.

Mais à aucun moment,
Avant tout à l’heure,
Je ne m’étais posé cette question
À moi-même.

Pourtant, moi aussi j’habite sous mon crâne.
Mais elle et moi ne nous étions jamais croisées.
Une histoire de cloison, sans doute.
Sûrement.

 

 

Alors, avant de vous la poser officiellement,
Avec un joli point d’interrogation bien noir,
Une immense et sincère curiosité
Et l’impatience de vous lire ou de vous écouter,

Je joue le jeu
Et j’y réponds.
À ma question.

Et moi, qu’est-ce que j’aimerais vivre avec un·e artiste ?

Vous le savez sûrement :
J’ai un truc avec les artistes en particulier
Et avec les faiseurs·euses en général.
De l’ordre de la passion pour leur(s) monde(s).

Un truc qui vibre fort
Qui me submerge souvent
Qui me questionne tout le temps

Un truc que je cherche et que je cultive et que je chéris.

Alors, si je fais la liste des expériences que j’aimerais vivre avec un·e artiste, voici ce que ça donnera.

Et tiens, j’ai envie de la construire à la manière de Françoise Héritier, ma liste. Comme un joyeux fatras de réjouissantes perspectives.

Avec un·e artiste, j’aimerais trinquer à l’art, avec les verres qui font cling ! et les yeux qui se croisent ; partager une discussion sur son métier d’artiste ; courir jusqu’à l’une de ses adresses favorites et découvrir pourquoi elle a toutes ses faveurs ; attraper un pinceau/un calame/une mirette et me laisser guider par l’artiste-éclaireur ; ne pas avoir peur de faire moche ; ne pas avoir peur de faire ; explorer son atelier et en détailler tous les recoins ; l’interroger sur ce petit pot émaillé qui traîne ici ou sur cette estampe accrochée là ; lui raconter ce que je ressens à la découverte de son travail ; lui offrir un crayon arc-en-ciel que j’ai acheté en pensant à elle ; apprivoiser l’une de ses œuvres, la tourner dans tous les sens, lui trouver un sens, m’offrir le temps de me l’expliquer ; écouter le récit de l’artiste à son sujet ; mettre les écouteurs qu’il me tendra et écouter le titre qui tourne en boucle dans ses oreilles, en ce moment, quand il crée ; manger son plat préféré, avec elle, et l’écouter me raconter ce que lui inspire le dessin au fond de l’assiette, une fois qu’on y aura fait glisser trois morceaux de pain ; le prendre en photo en pleine réflexion ou en pleine action ou en pleine méditation ; le regarder dans les yeux sans cligner ; jouer à cap ou pas cap de dessiner le premier truc qui nous vient à l’esprit ; la suivre dehors et aller coller des jolies choses sur un mur ; faire un selfie à deux et le garder pour moi, pour ma photothèque de moments délicieux ; l’interroger sur l’artiste qui l’inspire le plus ; boire ses paroles ; avoir le droit de toucher l’huile à peine sèche de son travail en cours ; créer avec elle, les yeux fermés (littéralement : les yeux vraiment fermés) ; m’apercevoir que j’ai lu le bouquin qui traîne sur son bureau et engager une discussion à son sujet ; mettre ma patte sur une œuvre participative ; lui proposer de l’emmener dans un endroit qui, à mon avis, pourrait lui plaire ; accueillir son enthousiasme avec joie ; lui crier aux oreilles que c’est beau, ce qu’il fait, si je le ressens comme ça ; jouer les petites souris et l’observer quand elle peint (son visage, ses mains, le mouvement de ses pieds ; la danse de l’outil sur le support ; les pauses ; les soupirs ou les cris) ; m’arrêter un instant, savourer là où je suis, la chance que j’ai, le privilège de partager un moment d’art, un moment rare (j’en ai fait un mot, de ça : le moment r’art) ; jouer à un jeu (cache-cache dans son atelier ?) ; détailler le sol à mes pieds, et les photographier ; partager ma rencontre avec elle et un groupe de passionné·e·s ; ensemble, siroter du thé ; savourer cette nouvelle connivence ; me laisser entraîner jusqu’aux lieux de ses inspirations (parcs, jardins, bouts de trottoir, places, recoins secrets) ; dans le noir, l’écouter décrire l’une de ses œuvres et la découvrir ensuite, seulement ; aller au musée avec elle et bénéficier de son regard sur l’exposition ; lui dire merci et bravo et quand est-ce qu’on remet ça.
Bientôt. Évidemment.

À vous,
maintenant !

Qu’aimeriez-vous vivre avec un·e artiste ?

  1. Vos réponses nourriront ma curiosité
  2. Elles me donneront sans doute de nouvelles idées
  3. Elles seront peut-être les esquisses de prochaines expériences artistiques

Car oui ! Je prépare en secret des moments r’art,
À vous faire vivre
Très bientôt.

Restez dans les parages.
Ça démarrera avant l’arrivée du printemps !

À très bientôt, alors, hein ?

Et à vous de jouer : Et vous, qu’aimeriez-vous vivre avec un·e artiste ?

(Je lis tous les commentaires ; laissez le vôtre au bas de cette page !)

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