Dimanche soir, alors que le soleil avait rendu les armes derrière la pointe Finistère, les nuages ont envahi le ciel.
Lourds, immobiles, tranquilles.
Rose poudré.
Poudre rosée.
Je les observais depuis le canapé, plongée dans une langueur toute dominicale.
Soudain, je l’aperçus.
Je me relevai d’un coup pour m’assurer que je ne rêvais pas.
Non.
Aucun doute.
Un vieux samouraï. Là. Devant moi.
La moustache épaisse, le crâne chauve et le regard bridé.
L’espace d’un instant, j’ai même pensé qu’il dormait.

Ça vous arrive, à vous, d’apercevoir des formes familières dans les nuages ?
Ou bien dans des objets du quotidien, dans la structure d’un bâtiment, dans une tache sur la nappe ?

Ce phénomène s’appelle la paréidolie (du grec para-, “à côté”, et -eidôlon, “fantôme créé par l’esprit”).
Autrement dit, c’est une illusion d’optique.
Si l’on a envie de croire que ce sont des clins d’œil envoyés par l’univers, on a le droit.
En vrai (c.-à-d. si-l’on-se-fie-aux-scientifiques), la paréidolie a une explication technique : le cerveau humain aime bien donner du sens à tout ce qu’il perçoit. Alors, quand la rétine capte une forme aléatoire, le cerveau fait des associations pour former un élément identifiable… et familier.
D’où mon vieux samouraï endormi.
D’où le gros éléphant qui court à travers un champ de cumulus.
D’où la jolie petite clé de sol qui avait élu domicile dans mon lavabo ! Vous vous souvenez ?

L’artiste et designer Keith Larsen s’intéresse à ce phénomène.
Il voit des visages et des formes connus sur des objets du quotidien.
Et puis, comme il est génial (ce que j’ai décrété en découvrant son travail), il a poussé un peu plus loin.
De ces formes, il fait des œuvres. Il s’en sert comme base pour ses dessins.
Et c’est joli.
Et c’est drôle.
Et c’est touchant.
Regardez ! (Cliquez juste avant, sur mon texte en rose, puis, une fois sur la photo, cliquez sur la flèche située à droite du gant de boxe droit ; vous découvrirez ainsi l’objet du quotidien dans lequel Keith Larsen a capté un petit animal marin.)
Et comme il est -vraiment- génial, Keith, il écrit même un poème pour habiller chaque dessin.
Un autre exemple, pour le plaisir.
Sur son site Web et son compte Instagram, il explique qu’il raconte des histoires et qu’il aime donner vie à des objets.
Quel boulot formidable, non ?! 😊

Si vous aussi, vous repérez des pieds, des visages, des pianos ou des dodos autour de vous, j’ai une question :
Qu’est-ce que ça provoque en vous, quand ça vous arrive ?

Chez moi, ça engendre une grande joie fugace.
Un petit ravissement empli de paillettes.
Une double dose de bonne humeur.

Et je me dope à ces instants.
À ces petites surprises que mon cerveau sème sur mon chemin.

Alors je vous laisse.
Et j’y retourne.
Vous venez ?

 

Mon vieux samouraï endormi.
Vous le voyez ?

 

4 commentaires

  1. Un jour, dans la maison que rénovaient des amis, je suis tombée nez à nez avec un gorille. Un beau gros gorille qui me regardait !!! … … il était sur le mur de vieilles pierres. Je me suis empressée d’appeler les copains et de leur montrer le gorille qui habitait dans leur maison ! Après quelques instants de recherche, plissements d’yeux, tournage de tête et concentration, ils l’ont trouvé à leur tour ! Les propriétaires des lieux l’ont photographié avant de réaliser les pierrres apparentes ; je vais leur demander le cliché.

  2. Majesté ! Oui c’est ça !
    Merci pour cette découverte marquisienne, Fanny. 😊💕

  3. J’adore 🙂

    Aux Marquises, ces formes dans la Nature, devenaient leurs dieux. Certains rochers, certains arbres étaient alors sacrés.
    Majesté dans le pouvoir du cerveau, le pouvoir des croyances…

    Besos 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Publier des commentaires