Quand j’étais enfant, j’ai appris qu’il fallait prendre soin des choses.
Quand j’étais enfant, j’ai parfois vu ma mère ou ma grand-mère très peinées qu’un objet auquel elles tenaient se soit brisé.
Quand j’étais enfant, j’ai compris qu’il fallait faire attention à ses affaires et à celles des autres.

Il y a quelques jours, quand j’ai reçu la dernière newsletter d’Artips, j’ai repensé à l’objet de porcelaine, au verre en cristal, à l’assiette fleurie et au chien de Fo en porcelaine bleue.

Je rembobine…

Il y a quelques années, j’avais découvert, au détour d’une vidéo, l’art japonais du kintsugi.
La semaine dernière, Artips m’en a raconté la légende :

Un seigneur japonais du XVe siècle, qui venait de briser sa tasse à thé préférée, l’envoya en Chine pour réparation. Très déçu par le résultat de la restauration (à base d’agrafes inesthétiques, interdisant toute réutilisation de l’ustensile), le seigneur Ashikaga remit la tasse à des artisans japonais, spécialistes de la laque. Et ces derniers créèrent le kintsugi !

En japonais, “kin”, c’est l’or, et “tsugi”, c’est la jointure.

Cet art ancestral donne non seulement une seconde vie aux objets cassés, mais il leur offre aussi une toute nouvelle identité.
Au lieu de masquer à tout prix les raccords d’un objet qu’on aurait rafistolé, le kintsugi met en valeur les fêlures de l’objet ressuscité.

Cette technique, profondément ancrée dans la culture japonaise, nous dit qu’on ne devrait pas jeter les objets cassés. Qu’il faut tenter de réparer ce qui est brisé. Qu’il faut admirer les choses simples, imparfaites et temporaires (wabi-sabi).

Montrer les défauts, mettre en valeur les fêlures, embellir les imperfections, voilà tout le travail du kintsugi.
Je trouve cette démarche tellement belle !

En France, Myriam Greff est spécialiste du kintsugi.
Son site Web est passionnant.
Je le découvre à l’instant.
Lisez son explication de la technique du kintsugi.
Puis, découvrez comment elle a restauré une bague en jade.
Je suis émerveillée par ce travail.
Pas vous ?

Quand je serai grande, je retournerai à Kyoto et j’irai à la rencontre des maîtres japonais du kintsugi.

Et en attendant, je couve des yeux mon petit papillon citron.

 

5 commentaires

  1. Existe-t-il du kintsugi pour coeurs brisés ? Et pour ceux à qui on a cassé les pieds ? Merci pour cette découverte !

  2. On ne connait donc pas le Kintsugi chez Lustucru.
    “Pas d’oeufs fêlés” chez eux qu’ils disaient…
    Encore bravo, ma fille!

  3. Alors là, bravo !
    Quand je pense à la quantité de petites choses déglinguées et passées à la benne… oh là là !
    Il me reste en mémoire le bruit de chute d’un beau vase en pâte de verre que notre Jules avait balayé
    de sa queue pour gober une mouche….
    Adieu aussi quelques assiettes et autres verres délicats….

  4. SUPERBE!JE DIRAIS MÊME ÉPOUSTOUFLANT.TRES BON ARTICLE.
    BRAVO MARIE. BISES.

  5. Kintsugi. Je fais du kintsugi. Parfois lorsqu’il m’arrive de casser un objet en argile, de ma confection qui plus est. Je fais du kintsugi. Mais je ne le savais pas !

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